Un carrefour
de réflexion sur les pratiques sociales, politiques et économiques
en émergence au Québec.
Au contour du 3e millénaire, plus de 5000 groupes communautaires
et populaires oeuvrent au Québec. La convivialité en cours
dans leurs pratiques cumule et accumule un capital d’expériences
qui contribue à revivifier la société québécoise.
Les personnes qui participent aux Journées sociales sont majoritairement
membres ou complices de ces groupes. Elles s’identifient comme chrétiennes
et trouvent dans ces Journées un lieu d’identification et d’analyse
de ces pratiques.
Mission
Les
fondements de notre mission prennent ancrage dans le prophétisme
issu de la tradition judéo-chrétienne. Nous optons pour
une foi qui, loin d’agir comme un frein, travaille à l’humanisation
de la société contemporaine. Sans dénigrer les autres
options religieuses ou humanistes qui ont cours sur le territoire québécois,
nous croyons en la pertinence de la foi chrétienne comme ferment
de changement social. En opposant une force de libération effective
à la violence, aux inégalités sociales, aux structures
injustes, aux pouvoirs indus et aux idéologies aliénantes,
elle offre la possibilité d’une transformation permanente
en reconnaissant positivement les valeurs de dissidence et de résistance
politique et en intégrant les valeurs de la transcendance dans
tous les secteurs de la vie humaine.
Car si résister, c’est s’opposer, contester, désobéir,
c’est également se poser, témoigner, et obéir
nouvellement aux appels de l’humanité souffrante; c’est
inventer l’avenir. Les fruits de cette créativité,
tout autant que les rêves qu’elle entretient, maintiennent
l’horizon ouvert et retissent sans cesse nos liens avec la transcendance.
Pour nous, la lutte pour la justice, la solidarité avec les oubliés
de l’histoire, l’action politique et la citoyenneté
responsable constituent le cœur de l’espérance. À
cet effet, nous croyons que les Journés sociales constitue un apport
essentiel à la pertinence sociale et ecclésiale des Églises
chrétiennes du Québec.
Objectifs
•
Observer et analyser l’évolution de la vie démocratique
dans le contexte social, politique et économique actuel, à
partir des pratiques et des réflexions de personnes engagées
dans ce processus.
• Réunir, dans un carrefour national, des personnes et des
groupes intéressés à mieux comprendre les enjeux
sociaux actuels.
• Créer, appuyer ou consolider, sur divers terrains, des
réseaux qui se préoccupent concrètement, dans leur
milieu, des personnes qui souffrent d’injustice, de marginalité
et d’exclusion sociale.
• Valoriser, dans les communautés chrétiennes, un
espace de légitimité pour ce type d’engagement et
pour ses expressions théologiques et spirituelles
Démarche
et participation
Cette
mission est mise en oeuvre à travers une démarche de théologie
sociale s’inspirant du voir, juger, agir de l’Action catholique.
On y distingue quatre moments déterminants : l’écoute
des pratiques et du contexte social qui les conditionne (observation),
l’analyse critique des enjeux et structures en cause (problématisation),
une réflexion théologique qui prend en compte les deux premiers
mouvements (interprétation) et finalement la recherche de voies
alternatives (intervention).
Toutes les personnes et tous les groupes qui se reconnaissent en parenté
avec la Mission des Journées sociales du Québec sont invités
à participer activement à l’une ou l’autre des
étapes qui entourent la réalisation des colloques. L’appartenance
à la mouvance chrétienne n’est, à cet effet,
nullement obligatoire ; il est donc possible de participer aux rencontres
des Journées sociales même si on ne s’identifie pas
à elle.
Origine
et histoire
Les
Journées sociales du Québec répondent aux souhaits
exprimés lors du colloque Rerum novarum réalisé à
Québec en mai 1991. À leur manière, elles prenaient
le relais des Semaines sociales (1920-1958) dont l’interrruption
avait créé un vide. Les premières Journées
sociales ont eu lieu à Chicoutimi au début de mai 1993 et
avaient pour thème Sans emploi, peut-on vivre ? Les secondes, à
l’Université de Sherbrooke, en mai 1995, ont poursuivi la
réflexion : Sans argent, peut-on vivre ? Les troisièmes
ont travaillé, à Rimouski en mai 1997, la dynamique néo-libérale,
avec le thème Intervenir à contre-courant. De nouvelles
pratiques solidaires. On a poursuivi à Hull, en mai 1999, avec
À nous le politique : donner des mains à l’espérance,
puis à l’Université Laval, en mai 2001, avec La citoyenneté
: au delà des obstacles. Finalement, à Montréal,
en mai 2003, la thématique du Vivre-ensemble, un art à réinventer
était investiguée. À chaque fois des actes ont été
publiés.