Journées sociales du Québec
08-09-2010  
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Passages et passeurs Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par courriel
Soumis par Pierre Prud'homme, Reflets   
29-06-2006
Index de l'article
Passages et passeurs
Page 2

Les Journées sociales du Québec 2005

 

Du 13 au 15 mai 2005, l'Université du Québec à Chicoutimi accueillait 225 personnes aux Journées sociales du Québec. Sous le thème « Passages et Passeurs », elles étaient venues partager leurs histoires d'engagement social et collectif.

Reflets a rencontré M. Guy Paiement pour en savoir davantage sur cet événement. Nous le remercions d'avoir partagé son expérience avec nous.
 
Reflets : En plus d'être membre du Comité organisateur des Journées sociales, quels sont vos autres lieux d'engagement?
 
Je suis membre d'une coopérative d'habitation. J'ai travaillé durant 25 ans au Centre Saint-Pierre comme formateur et agent de recherche sur les questions de justice et de pauvreté. Je suis jésuite et rédacteur à la revue Relations. Je viens de compléter avec la Table de concertation sur la faim une politique globale de sécurité alimentaire qui va de la production jusqu'à l'aide alimentaire d'urgence.
 
Reflets : D'où vous est venu l'intérêt pour les Journées sociales?
 
À l'occasion du centenaire de l'encyclique Rerum novarum, en 1991, nous avions organisé un colloque ayant pour thème « La question sociale hier et aujourd'hui ». Cinq cents personnes y ont participé et souhaitaient des suites.
 
Nous savions qu'entre 1940 et 1960, se tenaient les Semaines sociales du Canada qui se sont avérées des pépinières d'idées pour les partis politiques. En nous inspirant de cette expérience, nous avons choisi de tenir un colloque à tous les deux ans sur une question majeure de notre société, et de rebaptiser l'expérience : Les Journées sociales du Québec.
 
Plutôt que de nous adresser à l'élite, nous cherchions à rejoindre un public très large impliqué dans les groupes communautaires, dans les syndicats, dans les institutions d'Église. Et au lieu de partir d'exposés savants, nous tenions à nous baser sur les pratiques des personnes.
 
Nous ne sommes pas un mouvement mais un réseau autonome qui se donne comme objectif de réfléchir sur les enjeux sociaux, économiques et politiques du Québec dans uns perspective croyante et évangélique. Cela correspondait à un besoin d'un lieu où les personnes militantes pouvaient échanger sur les liens entre leur foi et les événements.
 
Reflets : Pouvez-vous nous faire un bref rappel historique des thèmes des Journées sociales passées?
 
La première rencontre, en 1993, portait sur la crise du travail et de l'emploi. Nous étions parmi les premiers à l'époque à poser la question : « Sans emploi, peut-on vivre? » Cette réflexion avait été amorcée par une enquête-terrain sur l'ensemble du Québec.
 
À Sherbrooke, en 1995, le questionnement portait sur les institutions financières. Sous le thème « Sans argent peut-on vivre? », nous avons tenté de démystifier le travail des banques, de la Banque Mondiale, du Fonds monétaire international, en essayant de comprendre ce que nous pouvions faire à notre niveau. D'où l'idée de reprendre en mains nos coopératives d'épargne, les caisses populaires.
 
En 1997, à Rimouski, nous nous posions la question de savoir ce que cela signifie d'aller à contre-courant du néo-libéralisme dans nos pratiques. Nous avons alors ouvert le livre de l'histoire pour choisir nos ancêtres : Amos, Jean Chrysostome, François et Claire d'Assise, soeur Turgeon qui a fondé des écoles dans toute la Gaspésie. Nous avons fait parler des témoins qui s'inscrivaient à contre-courant de leur époque, pour terminer en nommant des témoins d'aujourd'hui.
 
« À nous le politique! ». C'était là le thème des Journées sociales de 1999, à Hull, où nous cherchions à donner des mains à l'espérance. On ne s'improvise pas dans le politique. Des étapes doivent être franchies pour y parvenir.
 
La première est de prendre conscience avec les gens des injustices dans un secteur déterminé. La seconde vise à se mettre en liaison avec d'autres groupes pour y asseoir des pratiques alternatives. La troisième cherche à poser des actions collectives et non pas seulement offrir des services communautaires. Et la dernière a pour but d'apprendre la négociation qui est proprement de l'ordre du politique.
 
Tous ces processus ne relèvent pas du court terme. Nous avons à relever le défi de faire la différence entre l'art du compromis et la compromission.
 
En 2001, à Québec, les Journées sociales portaient sur la citoyenneté. Dans les siècles passés, la Place du Marché se situait près de l'Hôtel de ville et de la Cathédrale. L'économique, le politique et le symbolique s'intégraient et définissaient la citoyenneté. Mais aujourd'hui, l'économique cherche à prendre toute la place et à écarter l'hôtel de ville et la cathédrale.
 
Considérés dans notre société comme des consommateurs ou clients, comment les gens peuvent-ils passer au statut de citoyens? Cela appelle une conversion avec des résonnances sociales.
 
« Vivre-ensemble, un art à réinventer ». Voila le défi posé à Montréal, en 2003. Chacun cherchant à défendre ses droits individuels sans se préoccuper de ceux des autres, nous avions pris acte chez les gens du sentiment de perdre la capacité même de vivre en société. Comment recréer du lien social, de sorte qu'on ne soit pas seulement citoyen mais concitoyen? Vivre ensemble, cela suppose des réalités économiques à analyser, des outils politiques, des perspectives symboliques qui nous permettent de dépasser notre tribu.
 



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